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Articles

Du populisme à la loi 21, les bobos contre-attaquent

«  Fidèles à leurs méthodes, les patriciens ont passé trois mille partisans du second des Gracques au fil de l'épée. Puis ils ont jeté ces cadavres dans le Tibre comme cela avait été le cas, on s'en souvient, pour Tibérius. La dot de la veuve de Caius fut confisquée. Les patriciens lui ont interdit de porter le deuil, à elle comme à toutes les épouses des combattants; ils ont vendu leurs biens pour des sommes reversées au Trésor public; ils sont allés chercher ce jeune homme venu proposer la paix avec son caducée afin de consciencieusement le mettre à mort; ils eurent même le cynisme d'édifier ensuite un bâtiment pour fêter le massacre et de le dédier... à la Concorde! Plébéiens de tous les pays, unissez-vous! » - Michel Onfray, Sagesse, Troisième partie « Le Monde, une écosophie des choses », Chapitre 2 « Agir, la cervelle en plomb de Caius Gracchus, Faut-il s'occuper de politique? ») Le chapitre le plus magistrale du troisième tome de la « B...

Le noël des idéologies passées - Comment faire un succès marxiste au box-office

Le noël des idéologies passées - Recension de "The Age of Surveillance" de Shoshana Zuboff Il n'existe que quelques rares certitudes sur lesquelles on peut réellement compter dans ce bas monde. Nous savons que la terre tourne autour du soleil, que la lune influence les marées, que le printemps reviendra dans quelques mois, et que les auteurs marxistes tenteront toujours de lire les événements de l'actualité avec leur poésie révolutionnaire, sans même comprendre les thèmes abordés, sans même utiliser le jargon scientifique des domaines étudiés. Car eux savent et c'est comme ça que l'histoire fonctionne. On me reproche souvent de me défier des marxistes comme de la peste. De « plaquer mes catégories et mes préjugés sur des choses que je n'ai pas lu. » et de rechercher « des points de vue qui corroborent mon point de vue en me disant ouvert d'esprit ». Or, chaque année je m'évertue de perdre mon temps à cet exercice pénible et fastidieux de lir...

Les fonctions de la conscience

Ce qu'on appelle la « conscience » n'est autre que le processus d'itérations nécessaire à la mémorisation, ainsi que la mise en action dans la durée de ce processus. C'est le marquage physique des réseaux neuronaux dans la matière; leur renforcement par des séries d'aller-retours entre l'expérience vécue et l'expérience simulée. Elle fonctionne grâce à des ambiguïtés ontologiques, des anomalies, des demi-vérités, voir de pures mensonges. Ces récits, comme ceux du libre-arbitre libéral ou du péché originel judéo-chrétien, nous permettent de faire sens d'un ensemble d'expériences qui impliquent des échelles de temps différentes, une multitudes de systèmes et réseaux différents, fonctionnant avec leurs propres règles, puis une al-chimie quasi-aléatoire faisant émerger des personnalisations – des exceptions, des singularités, des individus - même jusque chez deux jumeaux identiques avec la même signature vitale – le même ADN. Cette « conscience » est u...

De la fragmentation à l'archipellisation de la France

De la fragmentation à l'archipellisation de la France – les nouveaux modes du politique Que cela soit de la bouche des présidents Hollande et Sarkozy, ou de la bouche de certains de leurs ministres de l'intérieur, nous savons aujourd'hui que plusieurs territoires de la république française vivent dans un état de « non-droit » où l'ordre républicain se désiste au profit de l'ordre des caïds locaux. Banditisme, fondamentalisme religieux, regain des particularismes régionaux et du nationalisme corse, partout la France s'agite, en proie aux pires turpitudes, recherchant le récit narratif d'une communauté qui n'existe plus vraiment de nom. Les premiers qui ont vus venir cette fracture l'ont fait dès la période post-mai 68, Christopher Lasch et sa « culture du narcissisme » (1979) et le « désenchantement du monde » (1985) de Marcel Gauchet, pour ne pas les nommer, ont prévu comment un monde mondialisé allait modeler l'individu occidental de dema...

Définir la guerre à l'époque des conflits mondialisés

« Les transformations de l'art de la guerre proviennent donc des transformations de la politique. (...) la guerre est un instrument de la politique. Elle en revêt le caractère, elle se mesure à l'aune de celles-ci. C'est la politique elle-même qui assure dans tous ses grands traits la conduite de la guerre, qui échange la plume pour l'épée, mais ne cesse pas pour autant de penser selon ses propres lois. » - (Carl von Clausewitz, De la guerre) Beaucoup s'imaginent à défaut que nous avons vécus ces dernières décennies à l'intérieur d'une sorte de société mondialisée pacifiée par les traités de libre-échange, protégée par la religion droits-de-l'hommiste et ses dérivés sauce onusienne. Chaque nouvelle génération nous a amené son lot de militants vertueux et croyants qui s'époumonent à crier la « révolution des coeurs » à la manière des catholiques universalistes sévissant depuis la controverse de Valladolid. Ce moment où il fût déterminé par l...

Le cabinet de curiosité de Mark Fortier - Une heure à écouter des bobos-du-plateau

Le cabinet de curiosité de Mark Fortier – lire et écouter le récit horrifique de celui qui a lu Mathieu Bock- Côté pendant un an L'ambiance est glauque. La pénombre domine dans la pièce. Un couple d'hommes de l'espèce « bobos-du-plateau » discute au fond, devant des micros et une bibliothèque peu garnie. Il est temps de discuter des malheurs vécus par le sociologue-communicateur nous rappelant un Steve Irwin – paix à son âme - devant un crocodile méchant. Fortier est hésitant mais débute avec une assertion plutôt inusité : 28ième minute du podcast avec Guillaume Wagner (26 novembre 2019, Youtube) :« Ce qui est frappant avec Mathieu Bock-Côté, c'est qu'il utilise les MÊMES MOTS que Maxime Bernier! ». Terrible. Utiliser les mêmes mots qu'une autre personne, c'est terrible. Les mots ont un sens et utiliser les mêmes mots qu'un autre est clairement un signe de « dérapage », si cet autre est « connu » pour des dérapages... ...

Du progressisme au populisme : l'enclavement des individus par l'idéologie

Du progressisme au populisme : l'enclavement des individus par l'idéologie  C'est durant l'été 2015 que mon intuition se confirme : Donald Trump allait devenir candidat républicain à la présidence, puis président des États-Unis. Les médias ne l'avaient pas vus venir du tout, sûr qu'ils avaient devant eux un candidat impossible. De la même manière, le Brexit et ce qu'on a appelé la « vague populiste » en Europe était « impossible à prévoir » disait-ils en coeur. Depuis, c'est l'hystérie partout et tout le temps. Impossible de tenir des discussions contradictoires sans se faire traiter d'extrémistes de gauche ou de droite. Partout en occident les peuples se révoltent à travers plusieurs modes d'actions politiques : l'abstention cynique, le vote protestataire, le militantisme radical, l'orthodoxie religieuse et l'action violente, voir terroriste. Ces soubresauts de nos démocraties évoquent une réalité qui fait froid dans le dos, car...