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Du progressisme au populisme : l'enclavement des individus par l'idéologie

Du progressisme au populisme : l'enclavement des individus par l'idéologie
C'est durant l'été 2015 que mon intuition se confirme : Donald Trump allait devenir candidat républicain à la présidence, puis président des États-Unis. Les médias ne l'avaient pas vus venir du tout, sûr qu'ils avaient devant eux un candidat impossible. De la même manière, le Brexit et ce qu'on a appelé la « vague populiste » en Europe était « impossible à prévoir » disait-ils en coeur. Depuis, c'est l'hystérie partout et tout le temps. Impossible de tenir des discussions contradictoires sans se faire traiter d'extrémistes de gauche ou de droite. Partout en occident les peuples se révoltent à travers plusieurs modes d'actions politiques : l'abstention cynique, le vote protestataire, le militantisme radical, l'orthodoxie religieuse et l'action violente, voir terroriste. Ces soubresauts de nos démocraties évoquent une réalité qui fait froid dans le dos, car r…
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Les fans de Greta et l'écologie

Les fans de Greta et l'écologie
Un énième mois avec des manifestations d'enfants menant un troupeau d'hommes et de femmes de « raison ». Une énième épopée transcendantale pour les strates supérieures de la société, main dans la main par-delà les frontières nationales afin de « conscientiser les gouvernements » à la bonne parole « des scientifiques ». Un énième vendredi avec son égérie robotisée, à prendre des photos pour le climat. Un énième « cri du coeur » pour « vous faire paniquer »; pour « changer les choses »; pour « contrer l'urgence climatique ». Une énième « action symbolique » qui « finalement fera bouger les choses! ».
Mais pourquoi rien ne change malgré ce défilé infini de bonnes paroles? Y aurait-il complot du Capital? Du Patriarcat? Des Vilains Hommes Blancs Hétéro-Cissexués? Un coup fourré des Méchants Populistes Misogynes? Se pourrait-il que le Peuple soit derrière cette diabolisation des lulus écologistes de la petite Greta? Évidemment que oui. Si cela n…

Béni soit l'âne qui dit oui

Béni soit l'âne qui dit oui
« Mais brusquement s'effreya l'oreille de Zarathoustra, car, pleine jusqu'alors de tumulte et de rire, la caverne d'un coup tomba dans un silence de mort; - or sentait la narine de Zarathoustra une odorante vapeur et fumée consécratoire, comme brûlantes pommes de pin. « Qu'advient-il? Que font-ils? » se demandait Zarathoustra, et vers le seuil se glissa pour observer ses hôtes sans être vu. Mais, prodige des prodiges, que de ses propres yeux ne lui fallut-il voir? « Ils sont tous redevenus pieux, ils prient, ils sont fous! » - dit-il, et sans limite était son étonnement. Et à dire vrai tous ces hommes supérieurs, les deux rois, le pape hors service, le vilain illusionniste, le mendiant volontaire, le voyageur et l'ombre, le vieux devin, le scrupuleux de l'esprit et le plus hideux des hommes, ils étaient tous agenouillés comme des enfants et de vieilles dévotes, et ils adoraient l'âne. Et justement commençait le plus hide…

La politique lorsqu'on vit dans un comptoir de change

La politique lorsqu'on vit dans un comptoir de change
Nous sommes aux portes d'une autre campagne électorale fédérale sans réel enjeu national. Nous regardons cette régionalisation du vote, suivant les fuseaux horaires, un peu ébahis des contradictions évidentes de tous les partis politiques qui se peignent comme environnementalistes et pro-croissance économique en même temps. D'un côté on nous martèle qu'il faut changer, tout en niant de la même manière la spécificité du Canada dans l'économie mondialisée : il est difficile d'assumer que le Canada – et le Québec – soit un comptoir de change pour les intérêts financiers de la planète, sans mettre en péril le futur économique – et donc l'état social québécois – du « Rest of Canada ». C'est dans cette optique précaire que la lecture de « L'état succursale, la démission politique du Québec » du candidat bloquiste Simon-Pierre Savard-Tremblay se trouve être rafraîchissante; il cherche à se positionner cl…

iGen: une génération atomisée

iGen: une génération atomisée
« La principale caractéristique de l'homme de masse n'est pas la brutalité et l'arriération, mais l'isolement et le manque de rapports sociaux. » - (Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme)
Déjà durant l'été 2015, à l'époque de la course à l'investiture républicaine aux États-Unis, j'annonçais en grande pompe que « Donald Trump allait être le candidat de tous nos malentendus » pour les présidentielles de 2016 (texte édité en 2016 par le défunt journal numérique « Ricochet » - « L'ascension de #Trump »). Je voyais venir ce schisme populaire entre « élite mondialisée » et les « baskets of deplorables » - (Hillary Clinton). Je voyais cette marée arriver en prenant acte de cette baisse constante de la consommation de « produits culturels de masse » dans les strates moins privilégiées de la société, dans le niveau académique des nouveaux étudiants en chute libre, et à partir de mon propre point de vue : une baisse drastiq…

Le pédagogisme et les enfants-rois

Le pédagogisme et les enfants-rois
Un sujet qui est incontournable pour toute société, ouverte (démocratique-pluraliste) ou fermée (autoritaire-tribale) souhaitant perdurer dans le temps est la question de l'éducation de sa jeunesse et du choix de ses chefs. La question est d'autant plus importante que l'emprise sporadique des discours totalitaires sur l'éducation rend difficile de maintenir cet état de « société ouverte » acceptant la dissension et le compromis ; stimulant l'innovation et le « progrès ». En effet, de la République des Races de Platon à l'État issu du nationalisme historique d'Hégel, et même jusqu'à la Société sans classe de Marx, partout on voit se dresser l'ombre des miradors via diverses doctrines que les éducateurs doivent nourrir à la plèbe, incapable de se gouverner elle-même. Ajoutons à cela la mutation anthropologique décrite par Emmanuel Todd dans « Où en sommes-nous? »; due à la mondialisation des marchés, l'accession à…

Le Canada est-il une nation?

Le Canada est-il une nation?
C'est une nuit de pleine lune et le couvert nuageux est bas. Le vent est faible, la mer est calme et la marée basse. La visibilité est parfaite et les jours suivant les conditions seront les mêmes. Tout est prêt pour envahir la Normandie. C'est dans ces conditions que ce matin-là quinze milles soldats canadiens débarqueront sur les côtes françaises par la terre et par les airs. Cette guerre contre la dictature totalitaire, à une époque où la politique se pensait encore, fût un moyen pour le Canada de s'affirmer en tant qu'état souverain. La notion est contre-intuitive pour les bonnes femmes et autres pacifistes endimanchés, mais il est important d'admettre d'emblée que le monde est un endroit violent, que l'histoire est tragique et que c'est par la guerre que les destinés nationales deviennent des récits de l'Histoire. Il est bon parfois de rappeler que la négativité vient avec tout ce qu'il y a de beau en ce bas-mond…