Le somptueux banquet des festins tragiques

Le somptueux banquet des festins tragiques

En cette magnifique saison de Noël et afin de nous libérer des horreurs terroristes, l'Occident continue sa fuite existentielle vers le vide extrême de ses idéaux humanistes. Le temps médiatique ne durant que l'espace entre deux pauses publicitaires charnelles, il est important d'oublier les menaces à notre démocratie en promouvant non pas la croissance des individus mais plutôt l'idéal de l'homme faisant des achats à rabais métaphysiques.

Le saint-libéral ou serait-ce le sein consumériste?

Le nihilisme de l'après-guerre et l'échec retentissant du marxisme autoritaire aura promu la corruption libéraliste au rang de divinité d'un horizon indépassable. Assumant la transition, la Médiocratie transcende notre esprit avec sa gouvernance et sa boulimie du culte de la croissance économique, le tout en vomissant de la précarité, des inégalités et de la répression pour tous. La gouvernance est un épisode psychotique de cette médiocrité majoritaire et qui vit le rêve d'un égalitarisme libéral majoritaire. L'homme unidimensionnel et la panoptique démocratique, la panacée du libéralisme étatique, nous empêche ainsi de jouir de l'être au profit des fêtes mondiales du consumérisme de l'avoir. L'extraction de notre volonté de puissance est échangée au comptoir de service de la société de marché par l'aliénation et le ressentiment chez les impuissants incapables de justifier leur capital existentiel. La gestion du stress subit dans cette société malade est un acharnement thérapeutique d'une civilisation chrétienne en perte d'autonomie et d'individualité vitale. Les attentats économiques sont camouflés par les bombes explosant la cohésion et la mixité sociale payées au prix de peuples ayant crachés le charbon noir d'une histoire oubliée. Et pendant ce temps, nos bons médias acceptent la commandite du dernier modèle d'Iphone et promeuvent les effusions passionnelles des célébrités hystériques paradant au défilé de cette société du spectacle continu de nos passions tristes.

La fuite vers l'explosion de volupté d'une sexualité post-chrétienne

Afin de combler ce néant ontologique, l'individu maître de son temps et aliéné se réfugie dans son travail, dans la société du spectacle et, bien sûr, dans les orgies délétères de la chasse sexuelle. Quid d'Épicure ou de Lucrèce nous démontrant la justesse d'une hiérarchie qualitative de l'hédonisme! C'est la gestion utilitariste et quantitative de Bentham qui régit de la volupté des générations millénaristes! Guidés par les idoles de la famille nucléaire pornographique, le millénariste ne comprend pas son mal existentiel jusqu'au moment où il choisit de scarifier son corps dans le simulacre de jouissance d'une compilation de "j'aime" des médias sociaux. Encore une fois, le tout au profit de ce libéralisme qui capitalise grâce à cette poursuite absurde de l'image fantasque d'une individualité brisée.

Les Hommes de ressentiment

L'aliénation nous renvoie aussi aux castes des indigents en marge de la société et vivant la souffrance d'un ressentiment culpabilisateur. Les précaires sociaux, les affligés psychiques, les idéalistes brisés et les sous-individus de notre société démocratique se réfugient ainsi dans l'extrémisme politique, les dogmes religieux, le dogme révolutionnaire et le terrorisme mutilatoire. Le vide existentiel se trouve comblé grâce aux prêches extrêmes et divines de la communauté du ressentiment. L'idéal libéral est transmuté en une vision idéaliste et extrême de la société "telle qu'elle devrait être" afin de guérir leurs souffrances de l'âme par la révolution culturelle réincarnée.

Pourquoi tant de haine?

La haine, la victimisation, la souffrance et la dénégation des Hommes du ressentiment est absurde. Elle ne mène à rien en soi à part plus d'exclusion et plus de souffrances. Le libéralisme et son aliénation est le mal du siècle mais ce n'est pas avec l'idée d'une révolution mondiale que vous vous guérirez. Nous avons vu les dégâts des extrémismes le siècle dernier et vous croyez réellement être capable de faire mieux? Il est temps d'ouvrir les yeux et communier vers le concret plutôt que devant l'idée pure.

Le Réel d'aujourd'hui est une hégémonie de la mondialisation, un libéralisme économique en continu, une épidémie de nihilisme face à l'absurde et une répression autant corporelle que psychique. Là où les autres ont échoué, datons plutôt une méthode oubliée: Épicure, Lucrèce, Thoreau, Nietzsche, Camus et une multitude de philosophes, artistes et hédonistes peuvent nous enseigner sur une manière de vivre des plaisirs simples, hiérarchisés et basés sur l'être. Pourquoi chercher la solution ailleurs quand elle se trouve directement en soi-même? La solution jubilatoire est de comprendre, d'accepter le Réel et de soumettre à notre propre volonté de puissance. Il faut s'opposer aux micro-fascismes par les micro-résistances, s'opposer à la société de consommation par la communauté de l'esprit et s'opposer à l'aliénation par la Sculpture de Soi. Il faut trouver son propre Jardin épicurien et pratiquer une éthique esthétique où l'amitié honnête se trouve au cœur d'une construction d'un Surhomme; de l'Homme-absurde; du Condotierre de notre propre destinée. 

Faîtes-moi signe si vous êtes seul durant le temps des fêtes. C'est une période difficile pour beaucoup et je préfère vous voir triste que de ne pas vous voir seul et triste.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La petite histoire des bobos contemporains

De quoi Cthulhu est-il la somme?

La tradition révolutionnaire et son trésor perdu