Le sens de l’humour



Le sens de l’humour

Une tempête dans un verre d’eau ou des accusations justifiées? Un groupement féministe a accusé les humoristes Mike Ward, Jean-François Mercier et Maxim Martin de bâtir leur carrière d’humoristes avec des blagues sexistes, homophobes et racistes via une lettre ouverte et une proposition faîte durant un congrès de la CLASSE stipulant que la coalition devait rejeté l’argent d’un show d’humour bénéfice où les trois hommes étaient présents afin de soutenir la cause étudiante. La  CLASSE n’a pas eu le temps de débattre de la motion. La décision de ne pas donner l’argent fut prise par les deux organisatrices du spectacle d’humour bénéfice.

Tout d’abord, j’aimerais mettre quelque chose au clair, les humoristes sont bels et biens des artistes à part entière. Vous avez autant le droit de ne pas les trouver drôle que j’ai le droit de dire que l’art moderne c’est laid et sans but. Les shows d’humour constituent des œuvres artistiques.  Les textes, les «punch-lines», les personnages, les satires, les mises en situation et plein d’autres procédés artistiques sont utilisés par ces artistes afin de faire rire les gens. Donc, en citant hors contexte les blagues de ces trois humoristes et les juger sans modération, cela constitue, pour moi, un manque d’intégrité flagrant. Jugeriez-vous d’un film par une scène ou même une image en particulier? Jugeriez-vous un livre parce que le personnage centrale est un néo-nazie?

En effet, dans l’humour comme pour toute forme d’art, les goûts ne se discutent pas. Les humoristes accusés pratiquent la satire; une forme d’humour qui utilise les comportements inadmissibles et insensés de la société afin d’en rire et de rendre compte de leur ridicule. Le but de la satire est de soulever le débat par le rire. Une satire bien fait peut nous faire ouvrir les yeux sur un débat que nous ne croyons pas avoir à faire. Une satire moins bien construites pourraient être vue par certains comme des propos homophobes, sexistes ou racistes. Or, il y a des nuances à avoir à plusieurs niveaux. Tout d’abord, Est-ce que les accusateurs sont déjà allés voir les spectacles des humoristes cités? Est-ce que les accusateurs ont rencontré les humoristes en question afin de connaître leurs procédés artistiques et discuter des propos jugés offensants? Est-ce que les accusateurs peuvent affirmer hors de tout doute raisonnable que ces artistes croient ce qu’ils disent sous le voile de l'humour?

Pour bien des gens, véhiculer des propos sexistes, racistes et homophobes via des blagues et des satires est aussi mal vue que de dire ces propos sexistes, racistes ou homophobes durant une discussion normale. Pour ces gens, le peuple ne peut comprendre ce que constitue une satire. Le peuple, ne faisant pas cette différence, se retrouve conforté dans leurs stéréotypes, sortent des shows d’humour et veulent intimider les cibles de ces préjugés. Or, Hitler a droit à sa liberté d’expression encore aujourd’hui à ce que je sache.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La petite histoire des bobos contemporains

De quoi Cthulhu est-il la somme?

La tradition révolutionnaire et son trésor perdu